Agnes Lavida

Lèvres Bleues

Lèvres Bleues

Fortement inspirée par l’œuvre La Valse”, sculpture autobiographique de Camille Claudel élaborée vers 1890, Agnès Lavida, emplie de compassion et d’admiration pour la célèbre artiste, réalise cette composition intitulée “Lèvres bleues”.

Camille Claudel fut abandonnée par les siens et internée les trente dernières années de sa vie dans un asile du sud de la France, coupée de tous et de tout où elle mourut seule et désespérée, murée dans le silence.

“La Valse” porte en elle l’expression d’une sensibilité, d’un amour intense entre deux êtres perdus dans un monde à part, où le rythme, la musique, sont symbolisés avec force.

Agnès Lavida nous illustre ce monde à part en nous révélant un univers totalement inspiré de la personnalité passionnée, forte, excessive et créatrice de Camille Claudel, qui fut animée tout au long de sa vie par un sentiment de manque d’amour, un besoin excessif et compulsif de sécurité affective.

Le génie créateur de Camille s’exprime très tôt.

Dès l’adolescence, elle façonne ses premières oeuvres et part pour Paris à l’âge de 17 ans où elle intègre l’Académie Colarossi. Elle y fait la rencontre d’Auguste Rodin.

Tout de suite, la passion va lier ces deux êtres d’exceptions, mais leurs influences réciproques ne leur apporteront que de très rares moments de paix.

Blessée et humiliée par l’attitude de Rodin, se sentant rejetée, abandonnée, Camille a fuit, agissant d’une manière destructrice, sacrificielle, jusqu’à en perdre la raison.

Chavirement des corps et des cœurs, La Valse” figure parmi les œuvres les plus célèbres de Camille Claudel.

Un couple de danseurs, amoureusement et gracieusement enlacés dans leur passion, entrainés par leur élan dans un tourbillon harmonieux… la danseuse, suspendue à son cavalier dans une posture d’abandon pleine de sensualité, semble emportée dans un mouvement éperdu, jusqu’au déséquilibre.

“Ses lèvres sont devenues bleues, elle manque d’oxygène, son sang se glace,
Camille a si froid.
Sa respiration s’accélère…
Changement de niveau de conscience…
Ne plus jamais dire à Rodin…
Ne plus jamais lui dire avec des mots…
Mais lui sculpter !
Alors, Camille sculpta La Valse
La Valse ou le point de rupture de son amour et de sa folle passion pour son maître et amant Auguste Rodin.”

Agnès Lavida