Agnes Lavida

le flamant rose

Le Flamant Rose

Dans cette composition intitulée “Le Flamant Rose”, Agnès Lavida nous invite à poser le regard sur le totemisme du monde dans lequel nous vivons qui nous aspire sans cesse vers d’autres mondes merveilleux mais néanmoins artificiels dans lesquels nous nous perdons.

La consommation est basée non seulement sur les enjeux contemporains des besoins humains mais aussi sur le plaisir de consommer.

Cette consommation constante et sans fin transcende le consommateur en une sorte d’adorateur et la consommation glisse ainsi vers le rite sacré.

Ressentir du désir, du plaisir dans l’acte de consommer des biens, des objets superflus c’est se rapprocher du fétichisme et s’éloigner de la nécessité.

Le flamand rose, perché sur ses longues pattes, symbolise l’équilibre, le recul, l’élévation.

Avec plus de hauteur, nous pouvons voir les choses clairement, et dépasser les illusions.

L’esprit de cet animal nous apprend ainsi à être plus en accord avec notre essence afin de percevoir les leçons de l’âme pour se sentir épanoui, loin du superflu, loin du marasme émotionnel.

En découvrant ce collage, notre regard est tout d’abord attiré vers le flamant rose.

Il est au premier plan et représente le joli petit décor brodé d’un tabouret de boudoir, émanant d’une belle grande rose, qui elle même donne naissance à cette œuvre.

La douceur et le confort sont évoqués ici par les couleurs, les formes et les symboles.

De part et d’autre, la ville est là, sécurisante parce qu’elle nous entoure, et distrayante, pétillante comme une jolie guirlande qui brille dans la nuit, festive comme une belle boule de Noël décorée.

Le décor est planté, tout est là pour que nous nous sentions douillettement installés, prêts à consommer la magie de cette atmosphère, prêts à être transporté dans un autre monde…

Cet autre monde est représenté par ce lieu somptueux, sauvage comme une jungle d’extase, baigné par une cascade vivifiante qui surgit d’un immense fossile.

Plus haut, le ciel psychédélique et son astre métallique brillant évoquent l’univers science fiction et baroque de la bande dessinée des années 60, en référence à Barbarella, célèbre personnage érotique qui, par son charme et sa sensualité, séduit tous ceux qu’elle croise, de planète en planète.

Parabole du consumérisme, les voyages de Barbarella n’ont rien d’une quête héroïque et morale, mais sont une recherche avant tout de son propre plaisir.